
Citizen Sleeper
Un jeu vidéo de Jump Over the Age, sorti le 5 mai 2022
Status: ✅ Joué entre le 9 juin et le 1 septembre 2024
Terminé en 17h. Notes pour plus tard: mécaniquement incompatible avec le propos qui se dégage, ou qui essaie de se dégager autour de la gig economy, de devoir faire des choix entre survivre au quotidien et essayer de poursuivre des choses plus sur le moyen-long terme (voir Cart Life), narrativement beaucoup de offramps feelgood, pas tant de violence que ça, pas de sexe, relations gardées à une distance de bras de nous, sauf très rares exceptions. c’est un jeu qui me frustre, parce que j’ai le sentiment étrange d’y avoir trop bien joué, et ça me donne l’impression d’être passé à côté de ce que tout le monde semble voir dedans. Si le début était difficile, j’ai vite eu une routine qui m’a permis non seulement d’explorer toutes les pistes sans trop faire de sacrifices, mais carrément aussi de devenir riche, un comble. Tellement riche que je pouvais passer plusieurs cycles à capitaliser dessus et simplement continuer d’accumuler en attendant que les cycles imposés pour faire avancer les trames narratives défilent tranquillement. Il en ressort que Citizen Sleeper est pour moi mécaniquement incompatible avec le propos qui se dégage, ou qui essaie de se dégager autour de la gig economy, de devoir faire des choix entre survivre au quotidien et essayer de poursuivre des choses plus sur le moyen-long terme. Passée la moitié du jeu et la fin d’une histoire potentiellement dangereuse, je n’avais plus aucun danger à l’horizon. Aucun problème d’argent, ou de médicaments. Je pense qu’un jeu pareil ne devrait pas me permettre d’arriver à cette situation. Cart Life est bien plus intéressant à ce niveau-là, à défaut d’être satisfaisant. De ma richesse a découlé le fait que j’ai pu explorer toutes les options, toutes les histoires, et les fins sont à peu près similaires, ce qui m’a un peu déçu. Narrativement il y a beaucoup d’offramps feelgood, pas tant de violence que ça, pas de sexe, et des relations gardées à une distance de bras de nous, sauf très rares exceptions. Ce n’est pour dire qu’il aurait fallu que le jeu soit plus violent, ou plus explicite dans son contenu, mais sa radicalité dans les concepts théoriques abordés (transhumanisme, société autonome, mégacorporations) brillait par l’absence de radicalité dans les comportements exposés par les personnages, pour qui la plus grande marque d’affection est un hug à l’américaine bien timide.